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Les métamorphoses du pouvoir

A. Adler

2004 · DOI: 10.4000/LHOMME.21574
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Abstract

On sait que la sorcellerie en Afrique peut s’exercer du faible au fort ou l’inverse. Les situations qui sont ici analysees sont celles ou les rois ou les chefs sont expressement designes comme sorciers, soit qu’ils le deviennent du fait meme de leur investiture, soit qu’il leur ait fallu le devenir pour acceder au pouvoir et le conserver face a des rivaux usant des memes moyens. Quoi qu’il en soit, un roi-sorcier offre une figure paradoxale du pouvoir, et cela doublement : garant de l’ordre, il inclut en lui son contraire, detenteur de la puissance, il est augmente d’un attribut qui lui confere une surpuissance. A quel titre cette surpuissance ? S’agit-il de compenser une faiblesse ou une fragilite constitutionnelle de son statut royal afin d’entretenir chez ses sujets respect et crainte sans lesquels son pouvoir serait largement illusoire ? S’agirait-il au contraire de cette autre et terrible illusion consistant a vouloir lui conferer effectivement la toute puissance ? C’est a de telles questions que cet article tente de repondre en comparant un certain nombre de cas choisis dans differentes aires culturelles de l’Afrique noire.