De la Mégère apprivoisée au Roman de Julie Papineau
De la Mégère apprivoisée au Roman de Julie Papineau
J. Pichette
Abstract
Jean-Pierre Pichette ajoute un deuxieme chapitre a son etude d’une sanction rituelle du mariage franco-ontarien et il se met en quete de l’origine de la « danse sur les bas ». Comme cette tradition est attestee dans les recoins de la francophonie d’Amerique et inconnue des populations anglophones, il se tourne naturellement vers la France. Bien que, la aussi, des expressions metaphoriques et de nombreuses pratiques stigmatisent l’aine devance dans le mariage par son cadet, rien de comparable aux rituels canadiens-francais. Explorant alors la filiere britannique, il debusque, depuis la danse pieds nus de La Megere apprivoisee de Shakespeare jusqu’a la danse dans l’auge decrite par des folkloristes et des curieux au xixe siecle, des paralleles de la plupart des variantes qui ont cours en Amerique francaise. Cette constatation l’amene a s’interroger sur le cheminement probable de cette coutume, dans laquelle les Bretons, les Celtes francais, auraient pu jouer un role determinant de diffuseurs au temps de l’emigration francaise au Canada. Sans decouvrir chez eux les formes qui manifesteraient ce role, l’auteur releve neanmoins dans le personnage du baz-valan, ou entremetteur de mariage, de nombreux indices qui appuient son hypothese : son statut de celibataire, le port de bas colores et depareilles dans l’accomplissement de sa charge, et la danse avec la mariee comme recompense. Si l’influence celtique est certaine, son lieu, en France ou au Canada, reste a determiner.
