Créer du lien pour émanciper, quand la fonction de facilitation devient un marqueur identitaire pour les animateurs
Créer du lien pour émanciper, quand la fonction de facilitation devient un marqueur identitaire pour les animateurs
Julien Virgos,Christophe Dansac,Cécile Vachée
Abstract
Basee sur 17 entretiens semi-directifs aupres de professionnels travaillant dans le secteur associatif toulousain, cette recherche exploratoire effectuee dans le cadre d'un Master 2 en collaboration avec l'equipe de recherche ONOP-G utilise comme outil le modele des fonctions professionnelles de l'intervention sociale (Dansac & Vachee, a paraitre). Elle vise a interroger la constitution d'une culture professionnelle partagee et l'orientation des trajectoires professionnelles chez les intervenants jeunesse. En France, ces derniers font partie d'un groupe professionnel heterogene. Les differences quant au sens qu'ils donnent a leur travail et aux fonctions qu'ils occupent sont parfois consequentes, d'un individu a l'autre. Les transformations importantes que le secteur associatif a connues influent egalement sur les trajectoires identitaires et sur la constitution d'une culture professionnelle partagee. Dans un tel contexte, les animateurs jeunesse travaillant dans le secteur associatif reconnaissent-ils occuper une fonction de mediation ? Dans leurs discours, comment ces derniers la conceptualisent et quel sens y donnent-ils ? Quels sentiments, au sens de Friedmann (1983) et Homans (1950), sont ici en dialogue avec leur activite et leurs interactions au sein de leur milieu professionnel autour de cette idee de mediation ? Nos resultats montrent que les animateurs envisagent la mediation comme une fonction a part entiere de leur metier a travers laquelle ils s'emploient a creer du lien, du dialogue, faciliter l'echange, l'expression, la rencontre, le debat. Ils se distancient d'une mediation qui dans leur imaginaire n'a parfois pour but que « d'avoir la paix dans le quartier ». Ils revendiquent une approche differente-dans un cadre non formel et non institutionnalise-centree sur l'emancipation, l'ecoute et le respect, par laquelle les jeunes parviennent a retrouver une confiance et a liberer leur parole. Ils construisent cette mediation socioculturelle qui permettrait de « trouver sa place » et de « participer a la vie de la Cite » en opposition avec des structures institutionnelles comme les Missions Locales ou Pole Emploi, dont le cadre semble inadapte. La mediation est ici consideree comme une composante d'une animation aux fonctions plurielles, a laquelle les acteurs accordent une importance subjective importante, dans la mesure ou « la relation » et « le lien entre les gens » sont souvent consideres comme etant au cœur du metier.
