Quelques métamorphoses de la civitas terrena. Augustin dans les lectures d’Étienne Gilson et Robert Markus
Elisa Brilli
Abstract
L’essai examine les interpretations par Etienne Gilson et Robert Markus de la civitas terrena (ou civitas diaboli) theorisee par Augustin dans le De civitate Dei. Apres avoir rappele les aspects les plus troublants et ambigus de la notion augustinienne de la civitas terrena, a savoir son champ semantique flexible et sa consistance paradoxale, la maniere dont ces questions sont abordees par Gilson et Markus offre le point de depart pour une reflexion plus vaste sur leurs relectures respectives de la pensee d’Augustin, et son application au present. Bien qu’opposees a maints egards, ces relectures (ecclesiologique pour Gilson et politique pour Markus) se rapprochent dans leur dissolution du couple augustinien (civitas terrena/civitas dei) au sein d’un schema tripartite. En cela, elles sont representatives d’une tendance majoritaire dans la reception moderne et contemporaine de l’œuvre de l’eveque d’Hippone.
