« It’s about being connected »: il est sept heures, New York s’éveille: Let the Great World Spin de Colum McCann ou la coïncidence entre un homme et une ville
« It’s about being connected »: il est sept heures, New York s’éveille: Let the Great World Spin de Colum McCann ou la coïncidence entre un homme et une ville
Sophie Vallas
Abstract
Dans Let the Great World Spin (2009), la coincidence est elevee au rang de systeme : roman choral, l’ouvrage de Colum McCann construit savamment un reseau d’intrigues, de reflets et d’echos au centre duquel se trouve la performance d’un funambule qui, le 7 aout 1974 au matin, marche sur un câble tendu entre les deux tours jumelles du World Trade Center a peine erige. Toute lecture de Let the Great World Spin ne peut que faire coincider la naissance des tours ainsi celebree par le funambule et leur destruction en 2001, d’autant que McCann cree, au cœur de son texte, la figure d’un homme qui tombe, reflet inverse de celle de l’acrobate. Une carte de New York se dessine au fur et a mesure du roman, sur laquelle l’ombre de l’intrigue aerienne se projette, se melant aux deplacements tout terrestres des personnages accables par de bien lourdes vies : les silhouettes se meuvent le long de deux axes aussi verticaux et paralleles que les tours jumelles elles-memes et se croisent au hasard de points de contact et d’intersection, autant d’occasions pour ces destinees solitaires de reflechir le moment magique pendant lequel un homme a trace un trait d’union dans le skyline de New York.
